La plupart des gens que je rencontre à Genève n’ont aucune sauvegarde. Quelques-uns en ont une qui ne fonctionne plus depuis des mois sans qu’ils le sachent. Très peu en ont deux.
Pourtant, il existe une règle simple, utilisée par les professionnels depuis trente ans, qui tient en trois chiffres et qu’on peut appliquer chez soi en une soirée.
La règle du 3-2-1
Elle dit ceci :
- 3 copies de vos données importantes
- sur 2 supports différents
- dont 1 conservée ailleurs que chez vous
Cela paraît compliqué écrit ainsi. En pratique, pour une famille, cela donne : l’original sur votre ordinateur, une copie sur un disque dur externe, et une copie dans un service en ligne.
Chaque niveau protège d’un risque différent, et c’est là tout l’intérêt.
Pourquoi trois copies
Une seule copie ne protège de rien : c’est l’original. Deux copies vous protègent d’une panne matérielle — le disque de l’ordinateur lâche, vous avez le disque externe.
La troisième copie couvre le cas où les deux premières disparaissent ensemble. Ce n’est pas une hypothèse d’école : un cambriolage emporte l’ordinateur portable et le disque externe posé à côté. Un dégât des eaux ou un incendie détruit les deux. Un logiciel rançonneur chiffre l’ordinateur et, dans la foulée, le disque externe qui était branché.
Pourquoi deux supports différents
Deux disques durs achetés le même jour, du même modèle, tombent souvent en panne à quelques semaines d’intervalle. Varier les supports — un disque externe et un service en ligne, par exemple — élimine ce risque.
Pourquoi une copie ailleurs
C’est le point le plus souvent négligé, et le plus important. Une sauvegarde qui dort dans le même appartement que l’original subit exactement les mêmes accidents.
« Ailleurs » peut vouloir dire chez un enfant, dans un coffre à la banque, ou dans un service en ligne. La solution en ligne a l’avantage d’être automatique — donc de ne pas dépendre de votre mémoire.
Ce que cela donne concrètement
Pour une personne seule ou un couple
Vos photos de téléphone se sauvegardent automatiquement vers un service en ligne. Vos documents d’ordinateur sont copiés sur un disque externe une fois par mois, et synchronisés vers ce même service en ligne.
Coût : le prix d’un disque externe, une fois, plus quelques francs par mois. Temps de mise en place : une soirée. Entretien : une vérification par an.
Pour la partie photos, j’ai détaillé les options dans un article séparé : sauvegarder les photos de son téléphone.
Pour un indépendant ou une petite entreprise
Les enjeux changent. Perdre sa comptabilité, ses devis ou son fichier clients ne se rattrape pas, et certaines pièces doivent légalement être conservées dix ans en Suisse.
C’est là qu’une solution comme Swiss Backup, également développée par Infomaniak, prend son sens. Elle sauvegarde automatiquement des postes de travail, des serveurs ou des NAS, avec chiffrement et hébergement en Suisse. Le tarif reste modeste, et il n’y a pas besoin de compétences d’administrateur système pour la mettre en place. Les détails figurent sur leur page officielle.
La partie que personne ne fait
Une sauvegarde n’existe pas tant qu’on n’a pas réussi une restauration.
Je le répète parce que c’est le point qui fait la différence entre une vraie protection et une illusion de protection. J’ai vu des sauvegardes qui tournaient depuis trois ans sur un dossier vide. J’ai vu des disques externes pleins de fichiers illisibles. Le propriétaire dormait tranquille dans les deux cas.
Le test à faire : choisissez un fichier au hasard dans votre sauvegarde, restaurez-le ailleurs sur votre ordinateur, et ouvrez-le. S’il s’ouvre correctement, votre sauvegarde vaut quelque chose.
Reste à y penser, ce qui est le vrai obstacle. Deux méthodes fonctionnent.
La liste de janvier. Certaines choses ne se font qu’une fois par an — relever un compteur, vérifier une assurance, contrôler une sauvegarde. Regroupez-les sur une seule liste que vous ressortez au début de l’année, et vous n’avez plus qu’un rendez-vous à tenir au lieu de dix.
Le changement d’heure. C’est mon préféré, parce qu’il n’y a rien à noter : il arrive tout seul, deux fois par an, fin mars et fin octobre, et personne ne le rate. Le jour où vous changez les pendules, vous testez votre sauvegarde. Deux occasions par an au lieu d’une, et si vous en manquez une, la suivante arrive dans six mois.
Les trois erreurs que je rencontre le plus
Le disque externe toujours branché. Pratique, mais il subit tout ce que subit l’ordinateur — surtension, logiciel rançonneur, vol. Débranchez-le entre deux sauvegardes.
Confondre synchronisation et sauvegarde. Un dossier synchronisé recopie fidèlement vos suppressions. Si vous effacez un fichier par erreur, il disparaît des deux côtés. Une vraie sauvegarde conserve un historique.
Sauvegarder l’ordinateur, oublier le téléphone. Pour beaucoup de gens aujourd’hui, les souvenirs les plus précieux sont dans le téléphone, pas dans l’ordinateur.
Mettre tout cela en place
Je m’occupe de ce type d’installation régulièrement, à Genève et dans les communes alentour. Nous choisissons ensemble une solution proportionnée à vos besoins — je ne vends rien de plus que nécessaire — je la configure, et nous testons une restauration ensemble avant que je reparte.
Je ne touche aucune commission sur le matériel ou les services que je recommande.
