Sauvegarder les photos de son téléphone : trois solutions simples

Août 29, 2026Sauvegarde, Smartphone et tablette

C’est la question que je pose le plus souvent en intervention : « Vos photos, elles sont où ? » Et la réponse est presque toujours la même — dans le téléphone. Uniquement dans le téléphone.

Ce n’est pas une sauvegarde. C’est un seul exemplaire, dans un appareil qui peut tomber, être volé, ou simplement cesser de fonctionner un matin sans prévenir. Quinze ans de photos de famille peuvent disparaître en une seconde.

La bonne nouvelle : régler cela prend une demi-heure, une fois pour toutes.

La règle en une phrase

Vos photos doivent exister à deux endroits au moins, dont un qui n’est pas chez vous.

C’est une version simplifiée d’un principe que les professionnels appellent la règle du 3-2-1, et que j’explique en détail dans un autre article : quelle stratégie de sauvegarde pour ses données. Pour les photos d’un téléphone, la version courte suffit.

Le deuxième endroit peut être un disque dur externe, mais il a un défaut : il faut y penser, le brancher, faire la copie. Dans la pratique, on le fait deux fois puis on oublie. La sauvegarde automatique vers internet, elle, tourne toute seule pendant que le téléphone charge la nuit.

Trois solutions, selon ce qui compte pour vous

1. Le plus simple : ce qui est déjà sur votre téléphone

Si vous avez un téléphone Android, Google Photos est déjà installé. Si vous avez un iPhone, iCloud aussi. Dans les deux cas, il suffit d’activer une option — rien à installer, rien à apprendre.

Sur Android : ouvrez Google Photos, touchez votre photo de profil en haut à droite, puis « Activer la sauvegarde ».

Sur iPhone : Réglages, touchez votre nom tout en haut, puis iCloud, puis Photos, et activez « Synchroniser cet iPhone ».

L’espace gratuit est limité dans les deux cas — j’y reviens plus bas, car c’est le point qui fait échouer le plus de sauvegardes.

C’est la solution que je recommande à la majorité des gens mais elle a un inconvénient de taille — vos photos sont analysées par Google ou Apple.

Cependant, elle a un avantage qu’aucune autre n’a : elle fonctionne sans que vous ayez rien à faire de plus. Une sauvegarde imparfaite qui tourne vaut mille fois mieux qu’une sauvegarde idéale que vous n’avez jamais configurée.

2. Le choix suisse : kDrive

Si l’idée que vos photos partent chez Google ou Apple vous dérange, il existe une alternative genevoise.

kDrive est le service de stockage d’Infomaniak. L’entreprise est née ici même : un groupe d’utilisateurs créé en 1990 dans le canton de Genève, puis une boutique informatique à Châtelaine en 1994. Elle est aujourd’hui le premier hébergeur cloud de Suisse. Vos données restent physiquement sur le territoire suisse et relèvent du droit suisse.

L’application existe pour Android et iPhone, avec sauvegarde automatique des photos. Mais kDrive ne se limite pas aux photos : c’est aussi un endroit où mettre à l’abri vos documents — scans de factures, contrats d’assurance, papiers officiels, correspondance importante. Vous les retrouvez ensuite depuis n’importe quel appareil, y compris si votre ordinateur rend l’âme.

Infomaniak propose par ailleurs une formule qui regroupe une adresse email suisse et un espace de stockage, sous le nom de my kSuite. La version payante étend cet espace pour un montant modeste — souvent moins qu’un abonnement photo seul chez Google ou Apple, avec la messagerie en plus. C’est le meilleur rapport qualité-prix que je connaisse pour quelqu’un qui veut quitter les géants américains sans se compliquer la vie.

L’application ressemble à ce que vous connaissez, elle est en français, et le support répond en français.

Une précision, par honnêteté : vos fichiers sont chiffrés pendant le transfert et sur les serveurs, mais c’est Infomaniak qui détient les clés — l’entreprise peut donc techniquement y accéder. C’est la différence avec la solution suivante. Pour des photos de famille, cela n’a en général aucune importance ; pour des documents sensibles, cela mérite d’être su.

Les offres et l’espace gratuit évoluent régulièrement : consultez la page officielle de kDrive pour les conditions du moment.

3. Le choix confidentiel : Ente

Si la confidentialité est votre priorité absolue, Ente va plus loin.

Vos photos y sont chiffrées sur votre téléphone, avant d’être envoyées. Autrement dit, l’entreprise qui héberge vos fichiers ne peut pas les regarder, même si elle le voulait. On appelle cela le chiffrement de bout en bout. Le code de l’application est public et a été audité par des sociétés de sécurité indépendantes.

Deux choses à savoir, par honnêteté : l’équipe est basée en Inde, avec des serveurs aux Pays-Bas et en France — ce n’est donc pas une solution suisse. Et l’application est un peu moins immédiate à prendre en main que les précédentes.

C’est le choix que je recommanderais à quelqu’un de déjà à l’aise avec son téléphone, ou qui a des raisons particulières de tenir à la confidentialité. Les détails sont sur leur site.

Le gratuit est un point de départ, pas une destination

Les trois solutions ci-dessus offrent un espace gratuit. C’est utile pour démarrer, et je recommande sincèrement de commencer par là. Mais il faut comprendre ce qui va se passer ensuite.

Cet espace se remplit, et plus vite qu’on ne l’imagine. Une photo prise avec un téléphone récent pèse plusieurs mégaoctets. Une seule vidéo de quelques minutes en consomme davantage que plusieurs centaines de photos. Un anniversaire filmé, deux ou trois vacances, et l’espace offert est saturé.

Et voici le vrai problème : quand l’espace est plein, la sauvegarde s’arrête. Silencieusement. Le service affiche bien une notification, mais elle se perd parmi les trente autres que reçoit un téléphone chaque jour. Personne ne la voit.

Le résultat, je le rencontre régulièrement en intervention : quelqu’un se croit protégé depuis des années, alors que plus rien ne se sauvegarde depuis dix-huit mois. Et par construction, les photos manquantes sont les plus récentes — précisément celles auxquelles on tient le plus.

Faites le calcul une fois : ouvrez votre service de sauvegarde et regardez l’espace utilisé. S’il approche de la limite, vous avez deux choix. Trier — ce qui prend du temps et qu’on ne fait jamais vraiment. Ou payer.

Quelques francs par mois pour ne jamais perdre quinze ans de souvenirs, c’est l’une des assurances les moins chères qui existent. Ce n’est pas un piège commercial, c’est le prix réel du stockage. Les paliers gratuits existent pour vous permettre d’essayer, pas pour couvrir toute une vie de photos.

L’étape que tout le monde oublie

Activer la sauvegarde ne suffit pas. Il faut vérifier qu’elle fonctionne vraiment.

Le test prend deux minutes. Prenez une photo maintenant, n’importe laquelle. Attendez quelques minutes en laissant le téléphone connecté au Wifi. Puis, depuis un ordinateur, connectez-vous au service que vous avez choisi et cherchez cette photo.

Si elle y est, votre sauvegarde marche. Si elle n’y est pas, quelque chose bloque — et il vaut mieux le découvrir aujourd’hui que le jour où votre téléphone tombe dans l’évier.

Refaites ce test régulièrement. C’est la seule habitude à prendre — encore faut-il y penser.

Mon astuce : servez-vous du changement d’heure. Il arrive deux fois par an, fin mars et fin octobre, tout le monde le remarque, et il n’y a rien à noter dans un agenda. Le jour où vous changez les pendules, vous vérifiez votre sauvegarde. Si vous en oubliez un, le suivant arrive six mois plus tard.

C’est aussi le bon moment pour jeter un œil à l’espace disponible, dont je parlais plus haut.

Un dernier malentendu

Supprimer une photo la supprime partout. C’est le principe de la synchronisation : ce que vous effacez sur le téléphone disparaît aussi du cloud. Ce n’est donc pas une protection contre une suppression accidentelle. Les services conservent généralement les photos effacées pendant trente jours dans une corbeille — au-delà, c’est définitif.

Si vous préférez ne pas le faire seul

Configurer une sauvegarde photo fait partie des interventions que je fais le plus souvent. Nous choisissons ensemble la solution adaptée à vos usages, je la mets en place, et surtout je vérifie devant vous qu’elle fonctionne.

Je ne touche aucune commission sur les services que je recommande.

Frédéric Mistral, support informatique à Genève

Frédéric Mistral

Je fais du support informatique à domicile à Genève et dans les communes alentour. Ordinateur, smartphone ou tablette : je répare, et surtout je prends le temps d'expliquer.

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